|
Créé en l’an 2000, le Forum canadien sur l’apprentissage – Canadian Apprenticeship Forum (FCA-CAF) est un organisme à but non lucratif qui fait la promotion des systèmes d’apprentissage et d’éducation au Canada et qui les appuie.1 Sa mission est la suivante :
influencer les stratégies d’apprentissage pancanadiennes par l’entremise de la recherche, des échanges et de la collaboration; et
promouvoir l’apprentissage comme un modèle efficace de formation et d’éducation, qui contribue au développement d’une main-d’uvre qualifiée, productive, inclusive et mobile.
En 2004, le FCA-CAF a commandé le rapport intitulé Avoir accès aux programmes d’apprentissage au Canada et les réussir – La perception des obstacles (« le Rapport sur les obstacles »). Le rapport examine les obstacles apparents qui limitent l’accès aux programmes d’apprentissage ou qui nuisent à leur réussite au Canada. L’étude a défini neuf catégories d’obstacles auxquels font face les apprentis et décrit quelques-uns des défis à relever pour faire avancer les choses.
Le manque de « connaissances essentielles de base » est l’un des obstacles mentionnés dans le rapport. Au cours d’entrevues, des parties prenantes ont confirmé l’absence d’une ou de plusieurs des neuf compétences essentielles comme les mathématiques et la lecture. Il s’ensuit que les candidats à l’apprentissage ne possèdent peut-être pas les compétences de base requises avant de s’engager dans un programme d’apprentissage.
Pour assurer le suivi de ce travail, le FCA-CAF a lancé le Projet des compétences essentielles afin de recueillir des renseignements supplémentaires permettant de comprendre dans quelle mesure les compétences essentielles représentent un obstacle et comment elles prédisent le succès ou l’échec d’un apprentissage.
Que sont les compétences essentielles?
Au début des années 1990, Ressources humaines et Développement social Canada (RHDSC) (autrefois connu sous le nom de Ressources humaines et Développement des compétences Canada) a lancé un projet de recherche national pour trouver et mesurer
le degré de complexité d’un ensemble de compétences non techniques qu’on retrouve dans tous les emplois. Ce travail a permis de découvrir neuf compétences essentielles :
- La lecture
- La rédaction
- La formation continue
- L’utilisation de documents
- La communication verbale
- La capacité de raisonnement
- Le calcul
- Le travail d’équipe
- L’informatique
Pour RHDSC, les compétences essentielles sont « les compétences fondamentales qui permettent l’acquisition de toutes les autres compétences, celles qui permettent la pleine participation des gens sur le marché du travail et dans la collectivité. »2 Bien que certains intervenants aient une interprétation plus large de la définition des compétences essentielles que celle retenue par RHDSC, le projet de recherche du FCA-CAF a adopté la définition des compétences essentielles de RHDSC dans le cadre de ce projet de recherche. En avril 2003, RHDSC a lancé l’Initiative sur les compétences essentielles et l’alphabétisation en milieu de travail pour donner suite à ses premières études et pour que les Canadiens possèdent les compétences nécessaires pour s’adapter aux changements au travail et dans leur vie. Son objectif est d’augmenter les niveaux de compétences des Canadiens qui se lancent sur le marché du travail ou qui s’y trouvent déjà. Pour y parvenir, l’Initiative vise à sensibiliser davantage les Canadiens et à accroître leur compréhension des compétences essentielles, à fournir un appui au développement d’outils et d’applications, tout en contribuant aux recherches existantes, et en collaborant avec les autres programmes du gouvernement du Canada.3
Un manque de compétences essentielles nuit à la communauté de l’apprentissage
Des personnes œuvrant au sein de la communauté de l’apprentissage et des métiers spécialisés ne doutent pas que les compétences essentielles permettent de prédire le succès ou l’échec dans les métiers. D’autres ne les connaissent pas et n’en devinent pas l’importance. Ils posent souvent les questions suivantes :
- Que sont les compétences essentielles?
- Quel usage en fait la communauté de l’apprentissage?
- Pourquoi ces compétences permettent-elles de prédire le succès ou l’échec d’un apprentissage?
- Comment un manque de compétences essentielles nuit-il à tous les intéressés des secteurs de l’apprentissage et des métiers spécialisés?
Pour certains, le manque de compétences essentielles représente un problème individuel pour l’apprenti ou la personne de métier. Or, un manque de compétences chez les apprentis et chez les personnes de métier nuit à tous les intéressés, soit les apprentis éventuels, les apprentis, les personnes de métier, les employeurs, les syndicats, les établissements de formation publics et privés, les organismes gouvernementaux et la société en général. Quand un apprenti ou une personne de métier est incapable de terminer sa formation avec succès, d’obtenir un certificat ou de travailler de façon adéquate, toutes les parties intéressées peuvent être pénalisées :
Les candidats à l’apprentissage ayant de la difficulté à s’inscrire au régime ou à obtenir leur certificat peuvent décider d’abandonner les métiers spécialisés et de réorienter leur carrière. Cela peut avoir un impact négatif sur des métiers, des régions, des groupes ou des industries. Les gouvernements des provinces ou des territoires, les employeurs, les syndicats et la société en général peuvent perdre l'investissement effectué dans la formation des apprentis;
Les employeurs auront peut-être plus de difficulté à trouver des travailleurs spécialisés et à les conserver. Cela peut avoir de nombreuses répercussions sur leur rentabilité : pousser les coûts salariaux au-delà de la capacité normale du marché, augmenter le maraudage de la part des autres employeurs ou nuire à l’obtention de contrats de travail profitables ou maintenir le volume de travail. Enfin, cette situation peut réduire la marge de profit, l’élément vital de toute entreprise;
Les intéressés du secteur de l’apprentissage pourraient être forcés de résoudre un casse-tête en matière de ressources humaines en développant des stratégies ponctuelles visant à recruter des travailleurs, à les conserver et à les attirer de nouveau dans les métiers. En clair, les territoires de compétence devront peut-être se livrer à une vive concurrence de la part de leurs voisins, entre autres, pour attirer un nombre restreint de travailleurs spécialisés.
Tous les intervenants de la communauté de l’apprentissage et des métiers spécialisés ont avantage à ce que les candidats à l’apprentissage possèdent les compétences de base essentielles pour réussir leur programme d’apprentissage et obtenir leur certificat et que les personnes de métier s’acquittent de leurs tâches et de leurs responsabilités. Ces deux groupes font partie d’une main-d’œuvre qualifiée et productive.
Les conséquences d’un manque de compétences essentielles pour les apprentis et pour les personnes de métier
En l’an 2000, la province de la Nouvelle-Écosse a découvert qu’un grand nombre d’apprentis et de personnes admissibles dans un métier (de 25 % à 50 %) devaient reprendre leur formation technique à la suite d’un échec à l’examen. La province a trouvé également que les personnes de métier ont de la difficulté à réussir l’examen interprovincial Sceau rouge parce qu’elles doivent revoir des compétences essentielles, comme les mathématiques élémentaires. Pour résoudre le problème, la province a développé plusieurs cours, notamment :
- Un cours de recyclage en mathématiques axé sur les compétences essentielles
- Un cours de recyclage en utilisation de documents axé sur les compétences essentielles
Même si ces cours n’ont pas fait l’objet d’une évaluation, on estime que 90 % des apprentis ayant suivi le cours pilote d’utilisation de documents ont réussi leurs examens. Plusieurs personnes de métier expérimentées ont aussi suivi les cours. En améliorant leurs compétences, ils sont en mesure de mieux exécuter leur travail.
Objectifs de l’étude du FCA-CAF
Le FCA-CAF a entrepris l’étude sur les compétences essentielles et l’apprentissage en 2005, dans la foulée des résultats d’une autre étude réalisée également par le Forum et intitulée Avoir accès aux programmes d’apprentissage au Canada et les réussir – La perception des obstacles (« le Rapport sur les obstacles ») ainsi que des travaux déjà menés par le gouvernement fédéral dans le domaine des compétences essentielles. L’étude vise à comprendre dans quelle mesure les compétences essentielles facilitent la réussite des programmes d’apprentissage. Pour ce faire, on a examiné comment les principaux projets en ce domaine profitent à la communauté de l’apprentissage en général.
Les objectifs précis de l’étude étaient les suivants :
- Déterminer dans quelle mesure les compétences essentielles interdisent l’accès aux programmes d’apprentissage et nuisent à leur réussite.
- Trouver les projets en cours, qu’il s’agisse ou non d’initiatives propres à des régions, des métiers ou des segments de la population, de même que les méthodes utilisées pour mesurer le manque de compétences essentielles;
- Déterminer les compétences de base essentielles qu’un apprenti doit posséder et recommander des stratégies permettant de les évaluer; et
- Évaluer dans quelle mesure les intervenants de l’apprentissage connaissent les enjeux liés aux compétences essentielles ainsi que les projets favorisant le perfectionnement des compétences essentielles et l’apprentissage.
Le Forum a créé un comité directeur pour orienter les travaux de l’étude. Le comité regroupait des représentants du patronat, des syndicats, du monde de l’éducation, du Conseil canadien des directeurs d’apprentissage (CCDA), de l’Alliance interprovinciale des présidents des commissions d’apprentissage (AIP), des groupes visés par l’équité en matière d’emploi et de Ressources humaines et Développement social Canada (RHDSC).
Approche
Les chercheurs ont eu recours à des outils de recherche de source directe et de source indirecte pour atteindre les quatre objectifs de recherche (voir Objectifs plus haut). Dans un premier temps, ils ont analysé les projets lancés au Canada depuis trois ans et comprenant un élément consacré à l’apprentissage ainsi qu’aux compétences essentielles. Ce travail a permis de dresser une liste de 47 initiatives (voir Sommaire de 47 initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage au Canada en annexe). Des critères de sélection définis par le Comité directeur ont permis de retenir les sept initiatives faisant l’objet d’études de cas poussées.
Les études de cas n’ont pas été choisies uniquement en fonction de critères géographiques (une par province ou par territoire). Le comité directeur a plutôt choisi les études de cas en fonction d’un certain nombre de critères comme les suivants :
- représenter la plupart des régions du pays;
- comprendre des métiers Sceau rouge (présents dans l’ensemble du pays) et offrir un modèle utilisable dans d’autres régions du pays;
- comprendre plusieurs secteurs industriels du Canada; et
- offrir des initiatives qui ciblent les groupes représentant une proportion croissante de la future main-d’œuvre et faisant face à de nombreux obstacles interdisant l’accès aux programmes d’apprentissage et à leur réussite (les Autochtones et les minorités visibles, p. ex.).
Les organismes responsables de ces projets étaient variés :
- Des organismes du secteur comme :
- SkillPlan, en Colombie-Britannique;
- la Commission de la construction du Québec (CCQ), au Québec; et
- le Conseil du service d’entretien et de réparation automobiles du Canada (CARS) à l’échelle nationale.
- Des projets lancés par des gouvernements provinciaux ou territoriaux :
- au Manitoba et
- en Nouvelle-Écosse.
- Un établissement d’enseignement, le Keyano College, d’Alberta.
- Une communauté des Premières Nations du Manitoba, soit la nation crie Opaskwayak (NCO).
Limites de la recherche
L’analyse de contexte utilisée dans le cadre des études de cas a permis de découvrir 47 initiatives établissant un lien entre les compétences essentielles et l’apprentissage. La majorité des 47 projets se situaient en Ontario ou en Alberta. On en retrouvait également quelques-uns en Colombie-Britannique et dans les territoires.
Seulement quelques-unes des 47 initiatives respectant les critères du projet avaient été lancées par des entreprises et se concentraient sur les apprentis. La plupart des projets avaient été entrepris par des organismes gouvernementaux.
Bien que le projet ait défini quatre grands objectifs au départ, des problèmes ont empêché les chercheurs de tirer des conclusions liées à ces quatre objectifs. Cette limite est surtout attribuable aux méthodes utilisées par les organismes faisant l’objet des études de cas. Il a été difficile de tirer des conclusions liées à certains objectifs parce que ces organismes n’avaient pas encore atteint l’étape d’évaluation du projet.
Le tableau suivant décrit brièvement les sept projets retenus pour une étude de cas.
Tableau 1 : Aperçu des sept projets retenus pour une étude de cas
| Nom du programme ou de l’initiative |
Organisation directrice ou responsable |
Couverture géographique |
Description |
| La Stratégie en matière de compétences essentielles de la Nouvelle-Écosse |
Ministère de l’Éducation, de l’Apprentissage et du développement de la Nouvelle-Écosse |
Nouvelle-Écosse |
La Nouvelle-Écosse réalise des entrevues informelles et présente des activités liées aux compétences essentielles et à certains métiers pour évaluer ces compétences chez les candidats à l’apprentissage et pour établir des plans d’apprentissage personnalisés. Plusieurs moyens sont mis à la disposition de l’apprenti souhaitant améliorer ses compétences essentielles. |
| Projet des compétences essentielles – Commission de la construction du Québec |
Commission de la construction du Québec (CCQ),Ministère de l’Éducation du Québec |
Québec |
Le CCQ a intégré l’acquisition des compétences essentielles au module de formation technique du programme d’apprentissage des 26 métiers de la construction au Québec. |
| Projet des compétences essentielles de CARS |
Conseil du service d’entretien et de réparation automobiles du Canada (CARS) |
Projet d’envergure nationale |
Le projet des compétences essentielles de CARS vise à améliorer les compétences de base essentielles dans les ateliers de réparation et d’entretien des autos au Canada. Ce travail comporte trois phases :
- le développement de profils en matière de compétences essentielles;
- l’évaluation des compétences essentielles que possèdent actuellement les personnes de métier; et
- une comparaison entre les niveaux de compétences essentielles requises pour réussir un apprentissage et les niveaux nécessaires pour occuper un emploi dans l’industrie.
|
| Gouvernement du Manitoba – Stratégie en matière de compétences essentielles |
Direction de l’apprentissage Gouvernement du Manitoba |
Manitoba |
La Stratégie en matière de compétences essentielles du Manitoba a permis de :
- Mettre au point des outils et des méthodes d’évaluation des compétences essentielles et de les intégrer progressivement dans les méthodes d’apprentissage actuelles;
- Élaborer des programmes d’études et du matériel modèles
- Établir des partenariats pour assurer l’acquisition des compétences essentielles liées aux métiers et de l’anglais langue seconde; et
- Modifier les procédures et politiques internes relatives à l’évaluation de l’acquisition et à l’emmagasinage des données.
|
| Projet d’amélioration des compétences essentielles dans la construction (NCO) |
Nation crie Opaskwayak (NCO) |
Manitoba |
La NCO a mis au point et offert un Projet d’amélioration des compétences essentielles de 18 semaines aux candidats à l’apprentissage du Niveau 1, formation technique du charpentier. Ce programme fait partie d’un projet plus vaste qui comprend l’expérience de travail et la préparation à la vie quotidienne. |
| Programmes de compétences essentielles du Keyano College |
Keyano College/ Syncrude Canada |
Alberta |
Le Keyano College s’est associé à Syncrude Canada Ltd. pour développer un cours de lecture, de rédaction et de mathématiques pour les employés de Syncrude. Le Keyano College a personnalisé ces cours pour présenter les programmes à d’autres organismes des secteurs public et privé. |
| SkillPlan BC |
British Columbia Construction Industry Skills Improvement Council (SkillPlan) |
C.-B. et Yukon |
SkillPlan offre des outils et des services pour améliorer les compétences essentielles des apprentis et des personnes de métier syndiquées de l’industrie de la construction en Colombie-Britannique et du Yukon. |
Source : Projet des compétences essentielles du FCA-CAF. (2006).
Dans le cadre de la méthodologie, les responsables du projet ont réalisé des entrevues en personne et par téléphone avec la personne-ressource, les principaux gestionnaires, les participants, les partenaires et les bailleurs de fonds des sept programmes retenus pour les études de cas. Le rapport final présente les résultats des études de cas et de l’analyse de contexte.
Faits saillants – Principales conclusions :
Les recherches réalisées dans le cadre du projet suggèrent que le taux de réussite des programmes d’apprentissage augmente en présence d’une stratégie en matière de compétences essentielles. Les études ont démontré une réussite accrue en apprentissage. L’acquisition de compétences essentielles peut faciliter la réussite en apprentissage, la réussite dans le perfectionnement professionnel continu ainsi que la réussite au travail. Les sept études de cas présentées dans le rapport l’illustrent de plus d’une façon.
Les catalyseurs communs menant au développement d’un projet de compétences essentielles lié à l’apprentissage sont les suivants :
- Modifications en matière de sécurité au travail
- Modifications des politiques en milieu de travail
- Progrès technologiques en milieu de travail
- Modification des lois et règlements
- Questions socio-économiques
- Incapacité à obtenir le certificat ou à réussir l’examen de passage
Les compétences essentielles communes et liées à l’apprentissage :
- La lecture de textes,
- le calcul et
- l’utilisation de documents
Il semble que la plupart des initiatives en cours sont associées aux métiers de la construction ou à la communauté autochtone.
Conclusions détaillées
La section suivante décrit les liens existant entre les conclusions des études de cas et les principaux objectifs de la recherche. Pour faciliter la compréhension, nous avons choisi un exemple au hasard dans les sept études de cas réalisées. Le nombre d’exemples varie selon les études de cas.
Objectif de l’étude no 1 : Déterminer dans quelle mesure les compétences essentielles interdisent l’accès aux programmes d’apprentissage et nuisent à leur réussite.
Dans le Rapport sur les obstacles du FCA-CAF, les employeurs de presque tous les secteurs industriels, les représentants syndicaux et les porte-parole autochtones se sont dits inquiets de la faiblesse des compétences essentielles chez les apprentis. On en arrive souvent à cette conclusion par suite de changements apportés au milieu de travail en raison des progrès technologiques, de modifications aux règlements ou aux mesures de sécurité. Ces mêmes intervenants ont noté que le faible rendement scolaire et un manque de compétences essentielles limitent l’accès aux programmes d’apprentissage et nuisent à leur réussite.4 De nos jours, plusieurs métiers exigent des candidats à l’apprentissage et des personnes de métier qu’ils améliorent constamment leurs compétences et leurs connaissances. Un manque de compétences essentielles pose donc des défis de taille à l’industrie. Ces conclusions sont confirmées par les 47 initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage partout au Canada ainsi que par l’analyse poussée des sept études de cas figurant dans les annexes.
Les initiatives ne visent pas à recueillir un vaste échantillon de données quantitatives pour évaluer dans quelle mesure un manque de compétences essentielles chez les futurs apprentis peut limiter leur accès aux programmes d’apprentissage ou nuire à leur réussite. Cependant, l’information qualitative recueillie au cours des entrevues précise que les initiatives ont été conçues et mises en œuvre pour aider les candidats à acquérir des compétences essentielles ou à les renouveler. Les intervenants reconnaissent de plus en plus que les candidats à l’apprentissage ne possédant pas le niveau requis de compétences essentielles ont tendance à échouer leurs examens ou à abandonner les programmes d’apprentissage. À la longue, les intervenants pourraient réaliser des économies en investissant dans les initiatives et/ou programmes consacrés aux compétences essentielles.
Objectif de l’étude no 2a : Trouver les projets en cours de même que les méthodes utilisées pour mesurer le manque de compétences essentielles
L’envergure et les objectifs varient selon les études de cas analysées dans le cadre de ce projet. La liste des 47 initiatives trouvées apparaît dans les annexes; sept de ces initiatives font l’objet d’études de cas pour démontrer l’envergure des projets en cours.
Objectif de l’étude no 2b : Déterminer si ces initiatives se limitent à des régions, à des métiers ou à des segments de la population.
Principal secteur
Le secteur de la construction est très présent dans les 47 initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage partout au Canada, comme on le constate dans les annexes du rapport final. Cela s’explique par le grand nombre de métiers présents dans ce secteur. Pas moins de 32 des 47 initiatives étaient consacrées à des métiers Sceau rouge. De plus, la plupart des initiatives s’intéressaient à des métiers de la construction comme ceux de charpentier, d’électricien et de plombier. En général, ce sont les organismes responsables de la conception de l’initiative qui ont fait le choix des métiers ciblés.
Principal segment de la population
Même si la plupart des initiatives n’ont pas visé précisément les groupes visés par l’équité en matière d’emploi, plusieurs de ces projets s’adressent aux Autochtones.
Principal point d’accès
Une partie importante des efforts en matière de compétences essentielles visent les programmes de formation préalable à l’apprentissage et de préparation à la carrière. En général, ces programmes veillent à ce que les candidats à l’apprentissage possèdent les compétences essentielles requises pour réussir leur programme. Or, six des sept initiatives décrites offrent des programmes et des services à des candidats se préparant à entreprendre un programme ou à des personnes déjà engagées dans un programme d’apprentissage.
Objectif de l’étude no 3 : Déterminer les compétences de base essentielles qu’un apprenti doit posséder et recommander des stratégies permettant de les évaluer
L’envergure de l’initiative et les publics cibles définissent les compétences jugées essentielles à la réussite d’un programme d’apprentissage. Cependant, en s’appuyant sur les paramètres de recherche définis par le projet, les chercheurs ont retrouvé quatre compétences essentielles dans les 47 initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage ainsi que dans les sept études de cas examinées. Ces compétences essentielles sont les suivantes :
- La lecture de textes,
- le calcul,
- l’utilisation de documents et
- l’aptitude à écrire.
Deux des organismes visés par les études de cas ajoutent d’autres compétences essentielles à leur liste. Ainsi, la CCQ ajoute trois compétences à celles déjà définies par RHDSC : la planification, l’analyse et la résolution de problèmes, et les relations avec la clientèle. De son côté, l’initiative lancée par la NCO estime que la formation en compétences essentielles doit comprendre la capacité de raisonnement, l’apprentissage continu et le travail d’équipe.
Évaluation
Le travail de recherche effectué dans le cadre du projet n’a pas recommandé de stratégies permettant d’évaluer les compétences essentielles requises chez un apprenti débutant. Cependant, trois des études de cas offrent des méthodes permettant d’évaluer les compétences essentielles d’un candidat. La méthode d’évaluation s’appuie sur l’utilisation d’une trousse d’outils, d’un plan d’apprentissage et de programmes de recyclage. Il est clair que les activités d’évaluation jouent un rôle essentiel et ce, peu importe le type de mise en œuvre.
Les stratégies d’évaluation apparaissant ci-dessous sont tirées des études de cas. Elles sont décrites plus à fond dans les études de cas.
La Stratégie des compétences essentielles du Manitoba utilise une trousse d’évaluation préparée par la Direction et comprenant les éléments suivants :
- une page d’information sur les compétences essentielles exigées pour chaque métier;
- une liste de contrôle pour l’auto-évaluation qui permet de comparer ses niveaux de compétences essentielles aux niveaux exigés par le métier; et
- un ensemble d’exercices permettant à l’intéressé de savoir s’il possède effectivement les niveaux de compétences essentielles requis pour s’engager dans un métier précis.
Par la suite, un administrateur d’évaluation procède à une évaluation personnelle ou à une évaluation d’un groupe restreint de candidats. Une fois la première étape franchie, un conseiller en présentations enregistre les résultats et recommande le type de perfectionnement requis et les méthodes d’apprentissage offertes en s’appuyant sur l’auto-évaluation et sur les exercices du candidat.
Le plan d’évaluation et d’apprentissage inscrit dans la Stratégie en matière de compétences essentielles de la Nouvelle-Écosse est un processus personnalisé et adapté à chaque métier auquel est soumis le candidat lors de l’inscription à un programme d’apprentissage. Les coordonnateurs du développement des compétences et/ou les agents d’apprentissage se servent d’un guide d’évaluation et d’autres outils, s’il y a lieu, pour évaluer les candidats de même que leurs forces.
Une entrevue ou une consultation informelle permettent d’interroger les candidats sur leur apprentissage et leur éducation, leur travail, leur vie à la maison et leur statut de syndiqué. Pendant que le candidat prend connaissance de documents relatifs à son travail, on lui pose des questions dans un cadre informel. L’évaluateur peut ainsi déterminer les niveaux de compétences essentielles du candidat. Par la suite, les résultats de l’évaluation servent à établir le plan d’apprentissage du candidat.
L’étude de cas de CARS est différente des stratégies du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse. Un outil d’évaluation permet à CARS de comparer les compétences essentielles décrites dans les profils des professions et les niveaux réels de compétences essentielles des travailleurs. L’outil prend la forme d’une série de 20 questions à choix multiples abordant cinq niveaux de complexité pour chaque compétence essentielle évaluée. Les questions font référence à des scénarios, des documents tels des reçus et des formulaires et des activités et situations de tous les jours.
Les études de cas de la NCO et de la CCQ ont aussi recours à des évaluations pour établir les besoins en matière de perfectionnement des compétences essentielles. Le Programme d’amélioration des compétences essentielles de la NCO évalue d’abord le niveau d’instruction, les aptitudes et les connaissances pratiques du stagiaire. Pour sa part, l’Initiative des compétences essentielles de la CCQ n’évalue pas toujours les compétences essentielles que possèdent les candidats à l’apprentissage lorsqu’ils entreprennent une formation technique. Certains candidats ont déjà acquis une bonne partie de la formation technique lorsqu’on leur offre un perfectionnement de leurs compétences essentielles.
Objectif de l’étude no 4 : Évaluer dans quelle mesure les intervenants de l’apprentissage connaissent les enjeux liés aux compétences essentielles ainsi que les projets favorisant le perfectionnement des compétences essentielles et l’apprentissage
Même si un grand nombre d’intervenants ont lancé des projets dans le domaine des compétences essentielles, on constate que la majorité des 47 initiatives mentionnées dans le rapport final l’ont été par les gouvernements des provinces ou des territoires. Dans la catégorie des provinces et territoires, ce sont les provinces du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard qui ont lancé le plus de projets dans le domaine des compétences essentielles et de l’apprentissage. Cinq projets sont en cours en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard alors que le Manitoba a développé une vaste initiative regroupant une multitude de projets et d’activités.
Les projets consacrés aux compétences essentielles et à l’apprentissage ont permis de faire connaître les compétences essentielles et les enjeux qui s’y rattachent. Cela résulte de la promotion et du travail de communication de certains organismes visés par les études de cas et par leurs partenaires comme les gouvernements, les syndicats, les employeurs et les enseignants. En s’unissant pour répondre aux demandes et aux besoins immédiats, les intervenants ont fait connaître les enjeux associés aux compétences essentielles et l’importance qu’ils revêtent pour la communauté de l’apprentissage.
Les renseignements et données recueillis par les organismes visés par les études de cas leur offrent commentaires leur permettant d’améliorer leurs initiatives. CARS a pu obtenir des renseignements sur les tendances et des données grâce à l’évaluation des niveaux de complexité des compétences essentielles requises dans sept professions. Au Manitoba, le travail effectué dans le cadre de la stratégie en matière de compétences essentielles a permis à l’organisme d’analyser ses méthodes d’admission et d’y apporter des améliorations.
Aux principaux objectifs cités s’est ajoutée une série de facteurs assurant la réussite et l’efficacité des projets consacrés aux compétences essentielles et à l’apprentissage :
Facteurs assurant l’efficacité et la réussite des projets
Dans les sept initiatives examinées, les initiateurs ont établi un partenariat pour fournir des ressources différentes, mais complémentaires. Par la suite, ce sont ces partenariats qui ont assuré le succès des projets consacrés aux compétences essentielles.
La méthode d’évaluation retenue par des organismes visés par les études de cas explique le succès du projet consacré aux compétences essentielles. Une première évaluation des forces du candidat – et non de ses faiblesses – a renforcé sa confiance en soi, l’a encouragé à suivre un perfectionnement des compétences essentielles et lui a transmis la motivation nécessaire pour terminer son programme d’apprentissage.
Tous les organismes visés par une étude de cas ont souligné que, pour réussir, le projet doit offrir des programmes et des cours personnalisés et adaptés à chaque métier. Les candidats à l’apprentissage réagissent mieux au perfectionnement des compétences essentielles si le programme d’études et le matériel font référence au métier à apprendre ou au métier qu’ils exercent. Il s’ensuit que les programmes d’études doivent être souples et axés sur le stagiaire.
L’étude indique également que le succès des projets ciblés par les études de cas peut reposer également sur le niveau d’expertise du personnel recruté pour élaborer les programmes et/ou les projets et les mettre en œuvre par étapes. Les intervenants et les partenaires doivent faire appel à du personnel qui connaît les compétences essentielles et/ou l’apprentissage. La viabilité du projet dépend de cette importante ressource. Le recrutement d’instructeurs compétents est essentiel à la prestation et à l’acceptation des programmes.
Le succès de tout projet en compétences essentielles dépend aussi de la motivation du candidat à l’apprentissage et de son engagement envers la formation. La participation est essentielle. Un candidat à l’apprentissage se sent motivé lorsque des instructeurs qualifiés lui offrent une formation adaptée à sa profession. Tous ces facteurs contribuent à promouvoir le perfectionnement des compétences essentielles auprès des apprenants.
Lorsqu’un projet consacré aux compétences essentielles est couronné de succès, la collectivité locale et les organismes-partenaires en tirent également des avantages. Ils acquièrent des connaissances et des ressources dans le domaine et sont en mesure d’enseigner à d’autres organismes de nouvelles méthodes pour élaborer et offrir un programme d’études. Les projets lancés au Manitoba et en Nouvelle-Écosse en sont de bons exemples.
La Nouvelle-Écosse et le Manitoba ont découvert que l’apprenant est plus motivé quand on l’associe au peaufinage de son programme de formation. Son estime de soi et sa confiance demeurent inchangées ou s’améliorent. Tout le processus intimide moins l’apprenant quand on utilise une approche informelle pour effectuer l’évaluation et concevoir la formation.
Les défis
Malgré le grand nombre de projets consacrés aux compétences essentielles et les efforts déployés, on constate que les enjeux associés aux compétences essentielles sont peu connus et mal compris. De plus, la plupart des participants aux études de cas ont souligné que l’amélioration des compétences des apprentis et des candidats aux métiers représente toujours un défi de taille. Il n’est pas facile pour les intervenants du monde de l’éducation ainsi que pour les travailleurs et les apprentis de faire connaître les enjeux associés aux compétences essentielles. Les apprenants hésitent avant d’avouer qu’ils ont de la difficulté à lire. Ils reconnaissent plus aisément leurs lacunes au niveau des mathématiques. Les défis sont donc amplifiés dans le domaine de l’apprentissage continu.
Il s’ensuit un défi permanent d’engagement envers la formation. Lorsque les apprenants ne comprennent pas les avantages offerts par la formation et par l’apprentissage continu, ils manquent de motivation pour améliorer leurs compétences essentielles. C’est le cas surtout des apprentis et des personnes de métier qui en ont besoin. Malheureusement, ce sont souvent les travailleurs ayant le plus besoin de formation qui hésitent à suivre des cours.
Des progrès ont été accomplis, mais les programmes consacrés aux compétences essentielles n’ont pas suffisamment de documents et de matériel adaptés aux divers métiers. Les programmes d’études posent également un défi, selon les personnes ayant participé à cette étude. Il existe bien des ressources en mathématiques, mais pas assez de matériel facilitant « la lecture de textes » ou « l’utilisation de documents ». Les instructeurs se voient souvent confier la tâche de préparer le matériel nécessaire avec l’aide du gouvernement provincial ou territorial. Des connaissances restreintes sur les métiers ou un manque d’expérience dans ce domaine ne facilitent pas le travail de l’instructeur.
Plusieurs organismes visés par une étude de cas affirment que l’obtention d’un financement adéquat des programmes et des projets représente souvent un problème. Il faut également assurer la pérennité des services et des programmes consacrés aux compétences essentielles. Il s’agit là du plus grand défi auquel fait face la CCQ. En effet, la Commission doit constamment actualiser les cours sur les métiers techniques et sur l’amélioration des compétences essentielles pour que le programme d’études demeure pertinent. Cela exige de nombreuses heures de travail et des investissements importants.
Le recrutement et la conservation des ressources humaines continuent de poser un défi à la plupart des organismes visés par les études de cas. Il n’est jamais facile de trouver le « bon éducateur » ou la « bonne éducatrice » pour offrir le perfectionnement en compétences essentielles. Les éducateurs spécialisés dans les compétences essentielles au travail doivent posséder des compétences très « pointues » et la souplesse nécessaire pour adapter le programme d’études et improviser à l’occasion.
Conclusion
Selon les recherches menées dans le cadre de ce projet, il est clair qu’il existe un lien étroit entre l’existence d’une stratégie en matière de compétences essentielles et une réussite accrue dans les programmes d’apprentissage : l’acquisition des compétences essentielles peut faciliter le succès en apprentissage, dans le perfectionnement professionnel continu ainsi qu’au travail. Les sept études de cas traitant des compétences essentielles et de l’apprentissage en font la démonstration de plus d’une façon. Les études démontrent ce qui suit :
- les apprentis et les candidats à l’apprentissage qui suivent une formation en compétences essentielles ont plus tendance à réussir leur programme d’apprentissage;
- les personnes de métier qui suivent une formation en compétences essentielles ont plus tendance à réussir les examens de qualification des métiers;
- les employeurs offrant une formation en compétences essentielles ou une formation axée sur les compétences essentielles à leurs employés observent « que la confiance en soi augmente chez les travailleurs, que les questions de sécurité les préoccupent moins et que le milieu de travail est plus productif »;
- les gouvernements ayant ajouté une formation en compétences essentielles à la formation technique des métiers ont noté une hausse du taux de réussite chez les apprentis et chez les candidats aux métiers au fil des ans ainsi qu’une amélioration des communications entre le ministère, ses clients et l’industrie;
- les gouvernements ajoutant la formation en compétences essentielles à leur méthode d’admission notent que « … les apprentis éprouvent moins de frustration lorsqu’ils passent de la formation à l’emploi à temps plein, ce qui augmente peut-être le taux de réussite global de l’apprentissage »;
- les groupes communautaires offrant une formation en compétences essentielles à leurs membres soutiennent que ceux-ci sont mieux préparés à l’apprentissage et qu’ils ont plus tendance à réussir leur programme;
- les secteurs industriels associés aux métiers et qui connaissent les compétences essentielles pour réussir peuvent combler l’écart entre les niveaux de compétence requis pour réussir la formation en industrie et les niveaux nécessaires pour s’acquitter des tâches de l’emploi; et
- les établissements de formation publics ou privés qui mettent au point des produits ou des programmes de formation axés sur les compétences essentielles notent que ceux-ci peuvent être personnalisés pour tenir compte des besoins de leurs clients (apprentis, personnes de métier, employeurs, syndicats et gouvernements).
Un nombre croissant d’intervenants collaborent entre eux et ajoutent la formation en compétences essentielles à leurs programmes d’apprentissage. Normalement, les apprentis devraient suivre une formation en compétences essentielles avant d’entreprendre leur formation technique. Cependant, la formation en compétences essentielles s’ajoute à n’importe quelle étape du programme d’apprentissage. Les intervenants ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Ils peuvent faire connaître les compétences essentielles et s’associer à d’autres intervenants pour lancer des projets et des programmes axés sur les compétences essentielles.
Le FCA-CAF est dans une position idéale. L’organisme est la seule organisation pancanadienne offrant un forum où les intervenants en apprentissage peuvent miser ensemble sur la recherche, les échanges et la collaboration pour identifier les défis qui se présentent et élaborer des solutions. Les recommandations suivantes peuvent offrir un soutien accru à l’implication continue du FCA-CAF dans ce domaine.
Recommandations
Le rapport démontre que la formation en compétences essentielles profite aux apprentis, aux employeurs, aux syndicats et aux autres intervenants du secteur. Les initiatives décrites offrent des exemples utiles de programmes et de stratégies existant au Canada et font connaître les principaux facteurs assurant le développement et la mise en œuvre des projets consacrés aux compétences essentielles ainsi que certains des défis à relever.
La méconnaissance et l’incompréhension des compétences essentielles chez les divers intervenants, notamment chez les apprentis, représentent toujours un défi de taille pour les responsables des projets dans ce domaine. Le FCA-CAF et les autres intervenants jouent un rôle important en faisant connaître les enjeux et les besoins associés aux compétences essentielles et en mettant au point des outils et des méthodes favorisant une mise en œuvre harmonieuse des initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage.
Plusieurs projets sont lancés dans le domaine des compétences essentielles. Les intervenants souhaiteront examiner au moins les recommandations suivantes :
Recommandation no1 : Veiller à ce qu’un mécanisme mesure le lien existant entre les initiatives consacrées aux compétences essentielles et à l’apprentissage et l’accroissement du taux de réussite dans les programmes d’apprentissage
Plusieurs organismes engagés dans les initiatives de compétences essentielles et d’apprentissage ne disposent pas d’outils d’évaluation. Comme plusieurs projets ont été lancés au cours des dernières années, ces organismes n’ont pas eu l’occasion de mettre au point les outils leur permettant de savoir dans quelle mesure le succès est lié à l’accroissement du taux de réussite. Pour combler cette lacune, il faudra mettre au point un ensemble de critères et d’outils pour évaluer avec précision l’importance des projets consacrés aux compétences essentielles et à l’apprentissage. Les intervenants doivent être en mesure de le démontrer et de le mesurer. Il faudra mener d’autres recherches et recueillir des données supplémentaires dans ce domaine.
Recommandation no2 : Créer une référence d’outils visant à évaluer les attitudes et l’aptitude générale des candidats apprentis à des métiers précis
Les intervenants ont besoin d’outils précis pour évaluer les attitudes et l’aptitude générale à des métiers précis. Même s’il existe des ressources, il serait utile d’avoir un catalogue complet de ces ressources pour trouver les outils les plus adaptés à certains métiers et secteurs. Cela favoriserait un recrutement efficace dans le secteur et maximiserait les investissements dans les candidats apprentis.
Recommandation no3 : Faire en sorte que le niveau de compétences essentielles exigé au cours de la formation corresponde au niveau requis au travail
Les résultats du projet suggèrent qu’un ensemble de compétences essentielles est lié à l’apprentissage (la lecture de textes, le calcul et l’utilisation de documents). Cependant, on ne peut déterminer si ces trois compétences essentielles sont exigées de tous les apprentis et dans tous les secteurs industriels ou si les compétences essentielles varient selon les secteurs.
Recommandation no4 : Trouver des façons permettant aux apprentis et aux apprentis éventuels d’acquérir les compétences essentielles exigées par le métier choisi.
Les résultats du projet suggèrent qu’un ensemble de compétences essentielles est lié à l’apprentissage (la lecture de textes, le calcul et l’utilisation de documents). Cependant, on ne peut déterminer si ces trois compétences essentielles sont exigées de tous les apprentis et dans tous les secteurs industriels ou si les compétences essentielles varient selon les secteurs. Il serait intéressant d’examiner de plus près ces résultats.
Recommandation no5 : Créer des occasions de partenariat avec les intervenants pour faire connaître les compétences essentielles.
Créer des occasions de partenariat avec les intervenants et les divers secteurs partout au Canada pour expliquer comment la communauté de l’apprentissage du Canada profite des compétences essentielles. L’établissement de partenariats avec des organismes axés sur les compétences essentielles et sur l’apprentissage permettrait :
- à d’autres publics ou groupes visés par l’équité en matière d’emploi des compétences essentielles et de l’apprentissage; et
- à de nouveaux intervenants de mettre leur expérience en commun et de poursuivre le travail dans ce domaine en faisant connaître et comprendre les enjeux qui y sont associés et les avantages qu’en tire l’apprentissage.
Recommandation no6 : Diffuser l’information sur les compétences essentielles pour sensibiliser les intervenants.
Les intervenants peuvent faire connaître les compétences essentielles en diffusant l’information entre eux. Les résultats d’un projet peuvent être intégrés à un autre. Cela démontre que l’information d’un projet peut améliorer le travail de recherche d’un autre projet. On peut utiliser les bulletins et les brochures pour expliquer l’importance de la formation en compétences essentielles.
« La communauté de l’apprentissage peut tirer la leçon suivante de notre expérience : le soutien aux individus est important, positif et nécessaire. Il existe une foule d’apprentis qui doivent réussir leur programme. À mesure que progressera leur carrière, ces apprentis deviendront les superviseurs, les chefs d’équipe, les propriétaires d’entreprise et les instructeurs de métier de demain. C’est extraordinaire si nous pouvons faire en sorte que les finissants des programmes de métiers aient une perception favorable de l’apprentissage. »
– Un éducateur en milieu de travail, Colombie-Britannique

- Aperçu. Récupéré de http://www.caf-fca.org/french/about.asp.
- Compétences essentielles. Récupéré de http://www.hrsdc.gc.ca/fr/hip/hrp/essential_skills/essential_skills_index.shtml.
- Idem.
- Forum canadien sur l’apprentissage – Canadian Apprenticeship Forum. (2004). Avoir accès aux programmes d’apprentissage au Canada et les réussir – La perception des obstacles, Un rapport de consultation. Ottawa, Auteur. p. 42.
|