Étude de cas : British Columbia Construction Industry Skills Improvement Council (SkillPlan) – Programmes de compétences essentielles
1.0 Introduction
Le British Columbia (BC) Construction Industry Skills Improvement Council, connu sous le nom de SkillPlan, a été lancé en 1991. Il s’agit d’un projet conjoint des syndicats et du patronat de l’industrie de la construction de la Colombie-Britannique. Les dirigeants de l’industrie ont réalisé que les compétences essentielles jouent un rôle important dans le maintien de l’offre de travailleurs spécialisés et accrédités. SkillPlan est un organisme à but non lucratif. À ce titre, sa mission consiste à élaborer des stratégies visant à améliorer les compétences essentielles des personnes de métier syndiquées de l’industrie de la construction en Colombie-Britannique et du Yukon.
L’industrie a créé le conseil pour tenir compte de l’évolution du milieu de travail. Celui-ci exige des compétences plus poussées en lecture, en écriture, en mathématiques, en résolution de problèmes et en communication verbale. Pour SkillPlan, une base solide dans ces compétences essentielles agit comme un Velcro auquel adhèrent les autres compétences. De plus, ces compétences font partie de la vie de l’adulte, non seulement au travail, mais également au sein de son syndicat et de sa collectivité. L’organisme soutient que l’éducation permanente pour tous est essentielle à la prospérité d’un secteur organisé. De nos jours, les travailleurs doivent obtenir une reconnaissance professionnelle, souvent par écrit, en raison de nouvelles politiques gouvernementales et exigences professionnelles dans les domaines de la santé et de la sécurité, par exemple. Les instructions et les manuels sont maintenant incontournables et de plus en plus difficiles à lire. En ce sens, ils reflètent la complexité de la nouvelle machinerie et des procédés de pointe.
SkillPlan offre deux grands services à la communauté de l’apprentissage. Premièrement, le programme fournit une assistance directe à ses membres par l’entremise d’un solide programme d’amélioration des compétences individuelles. SkillPlan s’associe à un réseau d’administrateurs de plan de formation et d’instructeurs pour répondre aux besoins des apprentis en matière de compétences essentielles. Dans le cadre de ce programme, SkillPlan offre une aide professionnelle aux instructeurs appelés à développer des cours et à rédiger des examens en langage clair. Dans un deuxième temps, SkillPlan offre à toute la communauté de l’apprentissage une série de publications pour divers métiers qui s’appuie sur son travail auprès des apprentis. Le matériel supplémentaire qu’on y trouve aide les travailleurs en formation ou au travail. Il a été distribué autant au Canada qu’à l’étranger.
2.0 Description des programmes
Type
SkillPlan a entrepris, en 1991, une évaluation formelle des besoins pour connaître l’impact que peuvent avoir sur l’industrie les obstacles associés aux compétences essentielles. Le financement de cette recherche a été assuré par le Secrétariat national à l’alphabétisation, les syndicats et les employeurs. Pendant six mois, les responsables du projet ont organisé des entrevues et des groupes de consultation avec des charpentiers, des plombiers, des tuyauteurs, des ingénieurs d’exploitation, des gestionnaires, des coordonnateurs de plans de formation syndicaux, des conseils industriels de santé et de sécurité au travail et des établissements d’enseignement. L’évaluation des besoins a produit un ensemble de recommandations, dont la nécessité d’offrir des cours dans le domaine des compétences essentielles comme l’utilisation de documents et la capacité de lire (pour les tests et les examens). Le rapport a aussi recommandé une analyse des tâches liées à l’alphabétisation de certains emplois, des recherches sur un certain nombre d’enjeux rattachés aux compétences et d’initiatives touchant l’anglais langue seconde et la clarté du langage utilisé dans les documents.
SkillPlan s’est servi du rapport sur les besoins comme guide pour développer et fournir des services. Le personnel du programme a analysé les tâches des emplois pour connaître les compétences essentielles utilisées au travail et en formation. Les résultats ont aidé les éducateurs de SkillPlan à se concentrer sur la lecture, l’utilisation de documents, le calcul et l’écriture.
Quinze ans après son lancement, SkillPlan offre des services bien établis à la communauté de l’apprentissage et se perçoit comme un organisme unique, capable de s’adapter rapidement aux besoins de l’industrie. Les deux principaux services de SkillPlan comprennent l’assistance aux établissements de formation et aux individus de même que la production de publications.
Assistance aux établissements de formation et aux individus
SkillPlan s’associe à un réseau d’administrateurs de plan de formation et d’instructeurs pour aider les apprentis à améliorer leurs compétences essentielles. Plusieurs présentations et services sont le résultat d’une étroite relation avec les coordonnateurs de plans de formation et des centres de formation syndicaux accueillant, entre autres, des peintres, des ingénieurs des opérations et des tôliers. L’organisme collabore également avec des établissements de formation privés (le Pacific Vocational College, p. ex.) et publics (BCIT et le Kwantlen College, p. ex.) qui offrent la formation à des apprentis syndiqués et non syndiqués.
Il est facile de profiter des services offerts par SkillPlan. L’organisme compte au moins deux éducateurs en milieu de travail qui visitent régulièrement les établissements offrant la formation technique aux apprentis. L’éducateur travaille avec les enseignants de métiers et offre des séances de tutorat collectives après la classe. L’éducateur ou l’éducatrice vient en aide aux étudiants, organise des groupes d’étude et des ateliers et participe, sur demande, à la présentation du cours.
On encourage les apprentis à utiliser eux-mêmes les services de tutorat parce que le programme est financé surtout par une convention collective. Selon la disponibilité des éducateurs, les séances de tutorat peuvent être présentées à toute heure du jour ou de la soirée, dans un lieu convenant autant au tuteur qu’à l’apprenti. Depuis 2002, date à laquelle on a enregistré le nombre de participants, les éducateurs de SkillPlan ont agi comme tuteurs auprès de 151 apprentis par année en moyenne. La plupart des apprentis exigent trois à quatre heures d’aide en moyenne. Certains n’ont besoin que d’une heure alors que d’autres exigent des mois de soutien à cause de leurs lacunes importantes au niveau des compétences essentielles. SkillPlan offre des services de tutorat toute l’année. On enregistre les plus faibles taux de participation en juillet et en août à cause du taux d’emploi élevé sur les chantiers de construction à cette époque.
SkillPlan élabore également des cours ponctuels que l’apprenti peut suivre à chaque étape de sa formation technique. Ces cours abordent une foule de sujets, notamment l’aptitude aux études, les examens et l’accompagnement professionnel. Les formateurs engagés dans ces ateliers rassemblant des apprentis décident souvent d’offrir eux-mêmes ces séances par la suite. Les responsables de SkillPlan sont souvent invités à participer comme experts-conseils à des projets de développement de programmes axés sur les compétences essentielles et sur la clarté du langage.
Publications
Dès le début, les éducateurs en milieu de travail de SkillPlan ont mis au point des feuilles de travail et des dépliants adaptés à chaque métier pour faciliter le tutorat des apprentis. Cet apprentissage contextuel est essentiel au succès d’un projet. Un éducateur en milieu de travail a noté ce qui suit : « Si quelqu’un me dit qu’il possède un diplôme d’enseignement général en mathématiques, je sais que cette personne comprend les mathématiques de base. Toutefois, elles doivent aussi apprendre comment les mathématiques s’appliquent au métier, ce qui est très différent. »28
Tout en participant davantage aux projets mis de l’avant par les établissements et par l’industrie, SkillPlan a commencé à préparer des publications à prix abordable pour répondre aux besoins de l’industrie. En 1994-1995, le projet a publié l’Apprenticeship Handbook (renommé Tools for the Trade: A Guide to Success in Apprenticeship). Ce document rend compte de l’opinion des employeurs, des organismes de formation et des préoccupations des apprentis. Au cours des groupes de consultation, des apprentis se sont demandé où ils devaient s’asseoir dans la salle à manger et comment ils devaient se comporter au travail. Les établissements de formation souhaitaient renforcer les attitudes et les comportements acceptables. De leur côté, les employeurs voulaient que les apprentis comprennent des exigences aussi élémentaires que l’habillement au travail. Grâce au financement du gouvernement fédéral et de l’industrie, SkillPlan a été en mesure de produire des documents comme le guide. Au fil des ans, le projet a préparé un ensemble de publications adaptées aux métiers et axées sur les compétences essentielles. SkillPlan offre maintenant une multitude de ressources pour les métiers. Grâce à ces publications, les apprentis peuvent se préparer à la formation technique en améliorant leurs compétences essentielles et leurs connaissances scientifiques, en se servant des applications du métier et des explications illustrées des tâches à exécuter. Une feuille de travail enseigne aux apprentis la conversion des fractions en décimales pour qu’ils soient en mesure d’utiliser une calculatrice. Le document leur montre ensuite comment convertir en mesures impériales pour pouvoir se servir d’un ruban en mesures impériales.
Voici quelques-unes des publications offertes par SkillPlan :
- Measurement and Calculation for the Trades (mesures et calcul adaptés aux métiers)
- Numeracy Rules Kit (feuilles de calcul, règles et guide de poche)
- Science for the Trades (physique et chimie)
- Tools for Trade: A Guide to Success in Apprenticeship (Un guide destiné aux personnes participant à un programme d’apprentissage ou envisageant de le faire).
Depuis 2002, le guide poche a sans doute été le document le plus populaire de SkillPlan. Quelque 3 000 exemplaires ont été vendus. Pas moins de 29 % des exemplaires ont été vendus à des clients canadiens établis à l’extérieur de la Colombie-Britannique. En fait, ce sont des organismes ontariens qui se sont procuré le plus grand nombre de documents de SkillPlan, suivis par des organismes de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse.
Public cible
SkillPlan offre une assistance directe aux travailleurs syndiqués de l’industrie de la construction de la Colombie-Britannique et du Yukon. Même si la plupart des activités sont présentées dans la région du Lower Mainland de la Colombie-Britannique, SkillPlan compte aussi sur un réseau informel de tuteurs pour offrir des services à des apprentis des autres régions de la province.
SkillPlan travaille, entre autres, avec les gens de métier suivants : chaudronnier, briqueteur, maçon-cimentier, calorifugeur, ferronnier, ingénieur d’exploitation, peintre/vitrier/jointoyeur de cloisons sèches, plombier, ouvrier chargé de la réfrigération, tôlier, poseur de planchers et charpentier. SkillPlan ne possède pas de données démographiques sur les participants, mais estime que 95 % des services de tutorat sont offerts à des hommes âgés de 20 à 45 ans.
Divers moyens sont utilisés pour recruter des participants. Le directeur général de SkillPlan rencontre tous les mois les coordonnateurs syndicaux de la formation qui, eux, organisent des rencontres régulières avec les instructeurs. Ceux-ci peuvent présenter des apprentis à SkillPlan. Les éducateurs en milieu de travail de SkillPlan entretiennent également des rapports avec les instructeurs. Les apprentis peuvent aussi communiquer directement avec SkillPlan.
La conservation des éducateurs en milieu de travail n’a jamais posé problème : la plupart des apprentis souhaitent obtenir de l’aide pour réussir les examens hebdomadaires de la formation technique et, plus tard, les examens interprovinciaux et ceux du Sceau rouge.
Ressources requises
En tant qu’organisme à but non lucratif, SkillPlan tire une partie de son financement d’une convention collective. En vertu de cette entente, les syndicats de la Colombie-Britannique versent un cent (ou deux cents) pour chaque heure travaillée par leurs membres. Comme le programme a pris la forme d’une convention collective, les apprentis peuvent y avoir accès par l’entremise de leur syndicat, à leur propre discrétion, ou avec l’aide de leur représentant syndical. SkillPlan augmente ses recettes en offrant des projets spéciaux payants. On lance également des projets subventionnés par le gouvernement lorsque le mandat du projet correspond aux objectifs de SkillPlan.
En raison d’un financement restreint des publications et de la diffusion, SkillPlan a commencé à inclure le coût des publications et de la distribution dans ses demandes de subvention. SkillPlan emploie quatre éducateurs en milieu de travail à temps plein. Ceux-ci offrent les programmes d’aide directe et conçoivent les publications consacrées aux métiers. Les compétences et traits de caractère exigés de ces personnes sont les suivants :
- polyvalence nécessaire pour offrir une formation « juste-à-temps » dans le cadre d’un horaire flexible tout en respectant un programme fait sur mesure;
- excellentes techniques d’enseignement, y compris la capacité de présenter la même information de façon différente;
- un bon entregent pour travailler avec des gestionnaires, des instructeurs et des apprentis;
- un respect et un intérêt marqués pour les métiers et un désir de les connaître à fond; et
- la possibilité de travailler de façon autonome en continuant à apprendre, de définir rapidement les besoins de l’instructeur et de l’apprenti et d’y répondre.
3.0 Avantages du programme des compétences essentielles
SkillPlan estime que ses activités ont d’importantes répercussions sur les individus et sur les industries impliquées. Premier avantage, l’évidence anecdotique indique que le programme de tutorat a aidé des centaines d’apprentis à réussir leurs examens techniques. Un apprenti de Terrace, en Colombie-Britannique, a découvert SkillPlan après avoir raté à deux reprises ses examens de troisième année d’apprentissage. SkillPlan a analysé les exigences de ces examens, trouvé un tuteur local à l’apprenti et fourni les outils pédagogiques en mathématiques pour ce métier. Par la suite, l’apprenti est devenu une personne de métier après avoir réussi les examens de troisième et de quatrième année. Selon l’un des membres du Conseil d’administration, « l’apprenti a eu droit à une carrière, l’industrie a récupéré l’investissement dans la formation et le secteur a gagné une nouvelle personne de métier. Tout le monde en sort gagnant! »29
La formation offre aussi un autre avantage important. Les éducateurs du SkillPlan ont constaté qu’une amélioration des compétences essentielles renforce la confiance en soi. Les apprentis sont convaincus qu’ils peuvent apprendre, qu’ils sont de bons apprenants et qu’ils peuvent continuer à apprendre au travail et dans leur vie personnelle. Pour SkillPlan, ces attitudes, autant que l’acquisition des compétences essentielles, offrent un avantage durable à l’industrie. De plus, il est clair que les établissements-partenaires de SkillPlan y voient aussi des avantages puisqu’ils continuent à travailler avec SkillPlan après de nombreuses années. Un éducateur en milieu de travail a noté ce qui suit :
« La communauté de l’apprentissage peut tirer la leçon suivante de notre expérience : le soutien aux individus est important, positif et nécessaire. Il existe une foule d’apprentis qui doivent réussir leur programme. À mesure que progressera leur carrière, ces apprentis deviendront les superviseurs, les chefs d’équipe, les propriétaires d’entreprise et les instructeurs de métier de demain. C’est extraordinaire si nous pouvons faire en sorte que les finissants des programmes de métiers aient une perception favorable de l’apprentissage. »30
Les publications de SkillPlan ont permis à l’organisme de venir en aide à des organismes n’appartenant pas au secteur de la construction. Partout au Canada, plusieurs écoles secondaires et collèges ajoutent à leur programme éducatif les règles de calcul et de mesure des métiers. Les éducateurs peuvent donc utiliser du matériel adapté aux métiers en classe et lorsqu’ils préparent leurs étudiants à faire carrière dans les métiers.
Le projet SkillPlan se voit comme un ambassadeur, un intermédiaire entre deux communautés, soit le système d’éducation traditionnel et l’industrie. Plusieurs établissements s’efforcent de répondre aux besoins de l’industrie, mais connaissent peu les exigences de celle-ci. SkillPlan vient en aide aux deux communautés en permettant à l’industrie de définir clairement ses exigences et de les communiquer aux enseignants de façon efficace, et en fournissant à ceux-ci des outils pratiques pour répondre aux besoins de l’industrie en matière de formation.
4.0 Facteurs de succès
Pour SkillPlan, son succès vient des partenariats établis avec l’industrie. L’organisme n’existe pas en vase clos. Il est complètement branché sur l’industrie de la construction. Ce puissant lien fait en sorte que SkillPlan a à cœur la prospérité du secteur. SkillPlan travaille aussi en partenariat. L’organisme fait preuve d’écoute. Il peut se renseigner auprès de l’industrie et trouver des solutions aux problèmes de compétences essentielles. L’industrie apprécie cette sensibilité. Grâce à son contact direct avec les apprentis, SkillPlan connaît les tendances de l’industrie, offre des publications pertinentes et établit des stratégies d’enseignement efficaces. SkillPlan a satisfait tous les besoins en jumelant, d’une part, les besoins de l’industrie de la construction et la vision du Secrétariat national à l’alphabétisation qui propose de créer des outils répondant aux besoins du milieu de travail en matière de compétences essentielles et, d’autre part.
SkillPlan a joué le rôle de médiateur entre les intérêts du Secrétariat national à l’alphabétisation et les besoins de l’industrie. SkillPlan s’est efforcé de bien comprendre les besoins des deux intervenants avant de créer des outils qui y répondent. La composition de SkillPlan a permis de réaliser la vision du Secrétariat national tout en offrant des produits concrets au secteur de la construction.
SkillPlan estime que ce modèle peut être repris dans d’autres provinces et d’autres secteurs industriels. Pour connaître le succès, les efforts de perfectionnement doivent profiter d’un soutien solide de l’industrie et de sources de financement durables.
5.0 Les défis
Au début, SkillPlan a fait face à de nombreux obstacles. Il a fallu sensibiliser l’industrie aux enjeux associés aux compétences essentielles et, ce qui est plus important, en arriver à une définition commune du mot « alphabétisme ». Une évaluation des besoins a révélé que peu de travailleurs étaient incapables de lire. Leur incapacité à trouver des renseignements et à les utiliser, et à comprendre les documents du métier dans le contexte du travail représentait le principal problème. L’industrie devait comprendre la nuance suivante : les diplômés de 12e année ne possèdent pas forcément les compétences en mathématiques et en lecture dont ils ont besoin pour exercer un métier. Pour certains gestionnaires, c’est le système scolaire qui est responsable de cette situation. Ils hésitaient donc à participer à un programme de recyclage, surtout lorsqu’un tel programme s’adresse à des travailleurs aussi mobiles que ceux du secteur de la construction. Des instructeurs œuvrant au sein d’établissements publics et privés hésitaient à s’associer à SkillPlan. Certains voyaient sa présence en classe comme une critique voilée de leur enseignement.
De plus, les apprentis n’avouent pas facilement qu’ils ont de la difficulté en lecture et en mathématiques. Selon la directrice générale actuelle de SkillPlan, l’organisme devait donc « trouver une façon d’être utile » à l’industrie. On s’en est remis aux travaux de recherche réalisés par le gouvernement fédéral pour établir le cadre de travail relatif aux compétences essentielles. En s’appuyant sur les résultats de ces études, le personnel a pu établir des liens entre les compétences essentielles acquises par un travailleur et le succès au travail. Par conséquent, les employeurs étaient plus enclins à soutenir la formation en compétences essentielles après qu’ils en comprenaient l’utilité au travail.
SkillPlan a répondu également à des besoins précis comme ceux des opérateurs d’ascenseur qui souhaitaient obtenir un atelier sur les techniques d’étude. Le succès remporté par cet atelier a poussé d’autres métiers à demander une aide semblable à SkillPlan. Les éducateurs en milieu de travail de SkillPlan ont noué des relations avec des instructeurs des établissements de formation et démontré l’importance de leur aide et de leurs stratégies d’enseignement. Satisfaits du tutorat reçu, les apprentis recommandaient d’autres apprentis au programme. Lentement, le bouche à oreille a fait connaître SkillPlan dans l’industrie de la construction de la région et ailleurs.
Les problèmes de sensibilisation auxquels SkillPlan a fait face dans les années 1990 sont toujours présents. Plusieurs personnes confondent encore les compétences essentielles et l’alphabétisme. S’inspirant de cette logique, des organismes modifient leurs critères de sélection en croyant que le succès au travail se mesure au nombre d’années d’étude. En fait, même si des apprentis possèdent un diplôme de 12e année, plusieurs d’entre eux ont besoin d’aide pour maîtriser les compétences essentielles au travail.
Les autres défis que SkillPlan doit relever ont trait au financement et au personnel. Le financement pose problème parce que les montants reçus des syndicats en vertu de la convention collective sont établis en fonction du nombre d’heures travaillées par leurs membres. SkillPlan a donc multiplié les sources de revenus pour faire face à un éventuel manque à gagner. Le programme exige des droits pour mettre au point des projets uniques et fait des demandes de subventions pour les projets « contribuant à ses objectifs » (comme le projet commandité par BC ITA mentionné plus haut).
Le recrutement d’éducateurs en milieu de travail peut poser problème. Le programme doit concurrencer le système scolaire public et sa sécurité d’emploi. Les postes d’enseignant et de tuteur y sont aussi mieux rémunérés. De plus, comme l’explique la section consacrée aux ressources, les éducateurs en milieu de travail de SkillPlan doivent faire preuve de souplesse et posséder des compétences particulières. Il n’est jamais facile de trouver le candidat idéal.
6.0 Orientations futures
Plusieurs possibilités s’offrent à SkillPlan dans les domaines du perfectionnement professionnel, de la perception des compétences essentielles et de la conception d’un programme permanent.
Perfectionnement professionnel : SkillPlan estime qu’il faut offrir une formation supplémentaire aux formateurs, aux enseignants de la maternelle à la 12e année, aux éducateurs en milieu de travail et aux spécialistes de l’enseignement aux adultes. L’objectif consiste à rassembler des apprentis et des éducateurs « de terrain » offrant des cours de perfectionnement. Ces groupes pourront ainsi mettre leur expérience en commun et discuter des meilleures façons d’aider les apprentis à atteindre leurs objectifs. SkillPlan lance actuellement un projet semblable en collaboration avec l’industrie du tourisme. Les premiers résultats sont favorables.
S’attaquer aux perceptions : SkillPlan souhaite continuer à combattre la perception qui associe les compétences essentielles à l’alphabétisation. L’organisme veut que l’industrie réalise que les interventions en matière de compétences essentielles sont rentables.
Conception d’un programme permanent : SkillPlan compte multiplier les partenariats établis avec les syndicats et avec les employeurs et continuer à élaborer des programmes économiques et avantageux pour les apprentis.
2006, SkillPlan s’est engagé dans un projet de recherche triennal subventionné partiellement par l’Industry Training Authority (ITA) de la Colombie-Britannique et par Ressources humaines et Développement social Canada. L’étude examine l’impact de ses premières stratégies d’intervention sur les apprentis plombiers et apprentis tuyauteurs de la province. La recherche suivra des apprentis inscrits à une formation technique au Pacific Vocational College, de Burnaby, en Colombie-Britannique. Ce collège qui travaille déjà avec des éducateurs en milieu de travail de SkillPlan mesurera l’impact de l’organisme.
7.0 Personne-ressource du programme
Lynda Fownes, Executive Director, SkillPlan 405-3701 Hastings St., Burnaby, BC V5C 2H6 Tél. : 604-436-1126 lfownes@SkillPlan.ca

- Entrevue (2006).
- Entrevue (2006).
- Idem.
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